Quand j'étais un cageot.

 
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yves tenret


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MessagePosté le: Ven 17 Oct - 10:50 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais un cageot. Répondre en citant

Dass - un cageot de cent ans


Depuis le début je vois rouge. Au commencement était la flemme en quelque sorte. Mais pas exactement. Elle me disait que j'étais de "la police des mots" parce que je reprenais tout le monde pour des broutilles, un simple contre-emploi, ou faisait des digressions sur untel, Huysmans par exemple, le salaud, qui vous inonde de vocabulaire pas toujours circonstancié. Bref, j'étais assez mâle pour m'offrir le luxe inouï de jouer à la chochotte. Keats et Leopardi étaient des souffreteux... non ? J'entends encore les "ta gueule tu nous emmerdes ",


A Nice, j'ai vraiment eu faim parce que je ne voulais pas voler, j'étais si bête de livres! Un souvenir comme une médecine, c'est quand Marie nous apporte un sac de courses, y'avait des ravioles sèches, un petit paquet pour faire une de ces fêtes On se souvient de ça, le plus, ce qui nous sauve, j'invente rien, lu quelque part.


Depuis le début je vois double. Jamais eu de cholestérol pourtant, régime sec mon cul! l'huile d'olive au goulot! Je vois double parce que c'est la seule marque reconnaissable du réel. Si tu vois ce que je veux dire, le réel. Le réel, pas le vrai ni le faux, le réel, ni bien ni mal, l'autre truc, impossible à digérer. Je te parle de la contradiction fondamentale de toute chose et tu fais l'andouille! c'est dingue, plus on est sérieux et plus on crée du suint pour flouter les vitres. On ne nait pas artiste comme on ne devient pas artiste, tante Simone, on n'a pas le choix. C'est pas plus compliqué que ça. En ce temps-là, j'avais de belles dents, je croquais les pommes à même la cagette. Une façon de faire l'imbécile presque aussi démoniaque que maintenant et une "ivresse de précision". Je n'avais jamais lu Simenon, je n'avais jamais lu Cartland, j'étais riche de toutes les misères essentielles qui font qu'on peut taguer une baraque complète en improvisant, sans notes ni plan ni rime-mantra à la con. Mais j'étais vierge, pas comme maintenant, vivre avec un bouc a tellement changé ma vie tu sais.


Depuis le début depuis le début... les sardines en boîte n'en verront jamais d'autre. J'ai rien contre les rouquins. Parait que c'est joli, parait que c'est même beau à voir. Mais c'est pas mon style de "voir". Je suis du nez, oui, parfaitement, un nasal, en stéréo s'il vous plait, pas de la grosse conduite mais de la subtilité offensive. Hein? San Antonio? Non, désolé, je connais peu, les jeux de mots, trop, à la fin c'est agaçant, hein? qui pète fort est fou d'ailes? qu'est-ce que ça veut dire? je comprend mal ce que tu dis? oui? alors, je comprend bien ce que tu viens de me dire au moins, là-dessus je suis juste: je comprend mal ce que tu me dis.


Sterne? qui t'as parlé de Sterne? qu'est-ce que t'essayes de prouver sale con... hein? je t'insulte? mais non je ne t'insulte pas, du tout du tout, enfin, je ne suis pas comme ça trou du cul... allo? allo?? allo???


Depuis le début c'est la noyade sous l'X (faire des phrases courtes et ramasser les fraises cuites). Oui, les livres hantent, et pas que les bons ma salope! Comme les signes des mauvaises herbes et les chansons idiotes de la radio. Ce qui pique les yeux n'est pas forcément du verre pilé livré dans l'air. Je connais la chanson, après on ne dit plus rien. Récoltant, c'est écrit sur la boutanche. Suivre les signes afin de les éviter tous. Re-dingue, mes couilles ont l'auréole. Un baiser cuit sous le soleil. Domaine baffe-dans-ta-gueule. Je t'écris de Bretagne depuis ce cachot, même si c'est pas vrai. Dans les champs j'enterre des foules de situations impossibles ici. Et si moi non plus je ne suis pas mort je ne fais pas le malin pour autant. C'est si facile la fièvre. Et pourtant il s'agit de "s'attaquer à la pellicule " parce que "j'emmerde les spectateurs".


Depuis le début rien de concret, rien de raisonnable, pas de statut puissant, nulle zone assez large pour vidanger un avenir. Du petit lait avec des glaçons. Je porte en moi le crime et la scarole, le verbe et sa sciure. Pareil à l'inconséquence primordiale je dévisse gaiment. Premier ou dernier la bêtise se fait allègrement, sans frein, sans autre légitime allure que celle de la chute vertigineuse. Onde de froc, un bruit châtié, certes, qui vient d'un sang qu'on sait sans jamais le savoir ni l'avoir vu. Essais. Ma duègne écarlate sous ces poutres anhistoriques. Un rien du début pour un pas grand-chose à la fin. Mais être pingre c'est la mort cultivée. Silence et désert. Laisser voir et faire. Quand tout bascule le sens de la panique reste entier.  


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MessagePosté le: Ven 17 Oct - 10:50 (2014)    Sujet du message: Publicité

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