Quand j'étais vivante

 
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JulietteB
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MessagePosté le: Jeu 16 Oct - 18:34 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais vivante Répondre en citant



Je ne faisais rien. Absolument rien. Quand je dis « rien », c’est « rien ». Je m’ennuyais, tout seul, dans mon grand studio blanc d’hôpital. J’eus l’idée folle. De voir du monde. Beaucoup de monde. J’avais des copains. Je voulais les voir. Tous. Maintenant. Je les ai invités, tous, à me rejoindre, chez moi, pour un moment. Un moment tous ensemble. Un moment comme on en rêve. Tous ces humains liés à moi, presqu’intimement, mais pas encore. Des copains, selon la définition du Larousse.
 
 
 

 
 
 
Copain : n.m (familier) : Compagnon classe, de travail, de loisirs, etc.  (est-ce vraiment nécessaire ?)
 
 
 

 
 
 
Ils ont répondu présents, tous, ou presque. Tant pis pour les absents. « Les absents ont toujours tort. », me rappelai-je. Alors tant pis pour eux. Les présents arrivent. Ils ont ramené leur gnôle et leur herbe, comme d’habitude. Ils se vautrent dans le canapé, et discutent. Encore comme d’habitude. Toujours comme d’habitude. Discutent de choses et d’autres. Des choses de copains. Des choses dont les copains discutent.  « C’est normal. C’est ainsi. » me dis-je. « C’est comme ça. ». 
 
 
 

 
 
 
Tous ces humains liés à moi, presqu’intimement, mais pas encore. Ils ne le seront peut-être jamais. À ce rythme là, ils ne le seront jamais. Je me retire de la discussion. Je les laisse discuter, et je pense. Je pense et je comprends : nous ne nous lierons jamais. Cela me frustre. Enormément. C’était évident. Nous ne serons jamais 
 
 
 

Que des copains.
 
 
 
Ce n’est pas suffisant.
 
 
 

 
 
 
Je les regarde : ils sont là, tous ensemble, en ce moment même, tous mes copains qui ne seront jamais que des copains. Ils sont saouls. Ils sont défoncés. Discutent comme des copains saouls et défoncés. J’ai arrêté de boire. J’ai oublié de boire parce que je pensais. Je ne suis pas aussi saoul qu’eux. Ils sont saouls et défoncés, ensemble. Et les voilà liés intimement. Je suis seul, sobre. Sobre, donc seul. Ça me gratte le cœur. Ça me picote entre les côtes, derrière les côtes, à cet endroit. L’endroit du sale amour-propre. 
 
 
 

 
 
 
Alors je me lève. Personne ne voit que je me suis levé. J’allume un encens. Ça sent bon, très fort, c’est bien. C’est bien que ça sente fort. Je vais à la cuisine. Il y a ma gazinière. J’aime ma gazinière, elle est belle. J’ouvre le gaz. J’ai ouvert le gaz. Maintenant, je retourne avec mes copains. Mes éternels copains. Mes copains pour la vie. L’un d’eux remarque l’odeur. Il me demande où j’ai acheté mon encens.  Je lui réponds que c’est un secret. Il rit, je ris, et il me demande mon briquet. Je lui tends mon briquet, et il me remercie, me sourit, la clope entre les lèvres, incline la tête, presse son pouce sur la molette qui se frotte à la pierre et






 
 
 


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MessagePosté le: Jeu 16 Oct - 18:34 (2014)    Sujet du message: Publicité

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yves tenret


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MessagePosté le: Ven 17 Oct - 11:27 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais vivante Répondre en citant

Quand tout le monde m'appelait Juju, je me disais, putain, y a quand même des claques qui se perdent (votre harceleur textuel favori).  Wink

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JulietteB
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MessagePosté le: Ven 17 Oct - 15:20 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais vivante Répondre en citant

c'est infantilisant, ça me va, j'aime bien ça, mais c'est mal.

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yves tenret


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MessagePosté le: Sam 18 Oct - 12:21 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais vivante Répondre en citant

Ok ok. Faut donc que ce soit inavouable et presque douloureux a sortir. Je tiens pour ma part à rester dans la fiction inspirée de sentiments réels et non de faits, à ne pas basculer dans le thème du sexe liquide et primaire.  Comme c'est une convention de "faire appel au coeur", c'en est une autre de faire appel au cul. Vous en avez assez parlé, et les autres en parlent assez aussi (Quand J'étais : zoophile, ma mère, nympho, putain. Je crois que c'est juste assez, il ne faut pas en rajouter une couche encore.). 
Il serait intéressant maintenant d'évoquer d'autres recoins tordus de la psyché humaine qui seront aussi, sinon plus, intéressants et variés pour ce lecteur affamé de mets plus fins. Comment être percutant, donc, sans parler de cul ?


(Merci de m'avoir trouvé un titre en "Quand j'étais". )


Après, je pense bien que l'ont peut rendre n'importe quoi percutant, il faut juste trouver les figures de styles qui vont bien. 
Sur mon premier texte, j'ai joué sur les phrases courtes et répétées. Le côté disque rayé. Ça c'est un truc qui me fait flipper chez les êtres humains. C'est comme un indicateur que la machine a un problème. Qu'elle déraille. Qu'elle est plutôt atteinte. (aparté existentiel : Nous sommes des machines issus d'une technologie avancée, c'est sûr et certain.)
Pour rendre le texte meilleur, je pense que je devrait trouver comment accentuer la démesure entre ce qui se passe, et ce que le personnage fait. Il faudrait minimiser encore l'action. Que le moment où il allume le gaz coule dans le flot continue de l'action intérieure et extérieure. Or, pour cela, il faudrait rallonger le texte, que le lecteur lui même soit pris de l'ennui mortel d'une soirée, et par la frustration ressentie par le personnage. Mais ce serait fastidieux et ça "ne jouerait pas le jeu". 


Donc j'sais pas. J'suis malade chez moi et j'essaye de réfléchir, mais ça ne coule pas de source. C'est le bordel, j'ai faim mais il faut faire la vaisselle, et j'ai pas envie de me mouiller les mains. 
Bref. Bon appétit à ceux qui ont des casseroles propres. 


Juliette à YT (harceleur textuel)


Ps: bon, ça y est, je crois qu'on est passé avec armes et bagages au Forum. Y a plus qu'à s'assurer que tous les participants s'y sentent comme chez eux... Je vais essayer d'y mettre un texte par jour quand je suis à Paris = 4 textes par semaine. Dans l'amphi votre texte était cinq étoiles...


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yves tenret


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MessagePosté le: Lun 3 Nov - 09:30 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais vivante Répondre en citant

Juliette, et vous ne le faites quand, votre texte : Quand j'étais punkette ? et le Quand je me prenais pour une artiste ? et le Quand je faisais partie d'un groupe ? et le Quand j'en avais marre de me masturber avec mes trucs sentimentaux à deux balles et que j'ai décidé d'écrire un à deux textes par jour pour sortir de ce blues qui m'ankylosait et que j'ai enfin compris que j'étais un monde à moi toute seule et qu'avec ce que j'allais leur balancer à la gueule, j'allais faire du surf sur le nuage et les marquer tous de mon empreinte indélébile et que j'allais leur faire comprendre enfin à tous que ce n'est pas parce qu'on est une fille de vingt ans qu'on doit se noyer dans un besoin de reconnaissance sentimentale par le grand Autre, cette saleté de prince charmant dont on nous a farci la tête depuis notre premier biberon : tu n'es rien, ma fille, seul l'homme avec sa baguette magique peut te donner vie !!!!!!!!!!!!! c'est faux et vous allez en être la preuve vivante, vous allez trouver l'ironie qui enfouie très profondément en vous et acceptez qu'on est toujours seul et que le mélange, c'est génial mais que ce n'est pas une fin en soi etc etc etc

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JulietteB
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MessagePosté le: Jeu 6 Nov - 14:36 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais vivante Répondre en citant

Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green Mr. Green

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yves tenret


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MessagePosté le: Sam 8 Nov - 00:17 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais vivante Répondre en citant

Embarassed Shocked Embarassed Shocked Embarassed Shocked Embarassed Shocked Embarassed Shocked Embarassed   ça a l'air de rien mais c'est tout moi ça....

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 11:02 (2018)    Sujet du message: Quand j'étais vivante

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