Quand j'étais éblouissant.

 
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yves tenret


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MessagePosté le: Mer 5 Nov - 10:48 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais éblouissant. Répondre en citant

Quand j’étais éblouissant.
 
Vous vous souvenez ?  Le film de Molière, la deuxième partie, Ariane Mnouchkine qui couche avec Philippe Caubère qui est beaucoup plus jeune qu’elle. Franchement, il y a de ces femmes, tsssttt… 
La deuxième partie, c’est le  volet dans lequel Molière épouse la fille alors qu’il a couché avec la mère. Le roi sera le parrain de Louis, leur fils. Vous comprenez, n’est-ce pas ? C’est, bien sûr, pour que l’argent reste dans la famille. Et puis en février 1673, Molière meurt et nous sortons de la salle, taiseux et presque déjà enlacés, agréablement tristes car nous aussi qui sommes si jeunes et si plein de vie, de sève et d’espoir, j’ai 30 ans et Sarah en a 20, nous aussi allons mourir un jour. Ô comme c’est mélancolique et beaux. 
Sarah ne veut pas aller à l’Évêché, cela n’a aucune importance, à l’époque, je ne bois pas, je ne bois quasiment jamais, et même pas non plus du café, je bois du thé citron, partout, tout le temps, je fais 1 mètre 72, je pèse 54 kilos, j’ai de grands yeux bleu azur encadrés de longs cils noirs, quelque chose de vaguement féminin, les mains très très douces, et je parle tout le temps et Sarah parle tout le temps et nous parlons tout le temps. Sarah parle des autres femmes et moi de la lutte des classes. 
Christophe, l’ex de Sarah, l’a emmené au Portugal, il voulait voir, comprendre, connaître ce qu’avait été de la Révolution des Œillets et moi, je crie, je braille, je ris, je lui dis, je lui répète à la fille d’Epalinges, cette banlieue chic de Lausanne : 
- Je suis de Carvalho lorsqu’il harangue les foules et leur clame : - Vous voulez être l’esprit de la Révolution mais moi, je veux être son corps. Oui, moi, Tenret, je suis le capitaine, le commandant,  Otelo Nuno Romão Saraiva de Carvalho, le corps de la Révolution ! 
Elle m’écoute à peine, elle veut me parler de Christophe me dire qu’il est bi et qu’elle considère qu’elle est toujours avec lui et que ce n’est pas parce qu’elle vient boire un thé citron chez moi que cela va y changer quelque chose. Mais moi, j’aime la Révolution des Œillets, toutes les révoltes, et son corps, et mon corps, et nos corps, et les corps et la voie lactée et je lui susurre dans l’oreille : 
Voie lactée ô  sœur lumineuse
 
Des blancs ruisseaux de Chanaan
 
Et des corps blancs des amoureuses
 
Nageurs morts suivrons nous d'ahan
 
Ton cours vers d'autres nébuleuses. 
Et bref, j’ai sans doute oublié les oreilles mais cette première fois, en un potlatch insensé et somptueux, et ce jusqu’à l’épuisement totale de mes dernières forces, esprit et chairs confondues, j’ai comblé tous les orifices qui permettaient à l’air et à d’autres matières plus tangibles d’entrer et de circuler à l’intérieur de sa mirifique personne, de son corps moelleux et de son esprit alangui. 
Et même, effondré, après, au petit matin, en même en dormant, je lui répétais : Ô, ma gazelle, mon faon, ma petite renarde, parois escarpées d’une âme entre toutes tourmentée, baise moi des baisers de ta bouche car ton amour vaut mieux que le vin, tu es si belle, fille de  Jérusalem, et si je t’oublie que ma langue se colle à mon palais… 
  
5 novembre 2014, 6h17 – 6h57 


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MessagePosté le: Mer 5 Nov - 10:48 (2014)    Sujet du message: Publicité

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Amélie


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MessagePosté le: Mer 5 Nov - 11:35 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais éblouissant. Répondre en citant

Ooooh merci Yves. J'étais sûre qu'elle allait se faire choper, celle qui croyait encore au mariage Smile

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Amélie


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MessagePosté le: Mer 5 Nov - 11:40 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais éblouissant. Répondre en citant

Un instant j'arrive.

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Amélie


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MessagePosté le: Mer 5 Nov - 11:51 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais éblouissant. Répondre en citant

Il n’arrête pas de me parler d’Ariane Mnouchkine, là,  alors qu’on vient de voir le film. Moi, j’aime bien quand on se tait, après avoir vu un film. Ou comme avec Christophe, quand on rentre direct pour baiser après un film de Romer. Là, ce mec, il a envie de moi, je le sais bien, sa peau transpire le désir, c’est même pas drôle, je sais où je vais finir ma journée. Son désir il le fait langage. Il est pas du tout animal en fait. C’est un putain d’homo sapiens ultra-civilisé. Il a une belle peau, toute douce on dirait, avec des mains fines, et il est pas bien épais. Christophe, lui, il a du muscle, de la poigne, quand il m’encule ça fait mal.  Lui, là, il me fera jamais de mal. C’est un doux. J’ai envie d’un truc doux. Je peux baiser ses yeux au moins, ils sont tout bleus, comme je voulais en avoir petite fille, et maintenant je baise les yeux des mecs que je me tape., de plus en plus souvent, ça m’évite de voir leur bite.
C’est un écrivain, je crois, ou un truc comme ça, il est révolté, un peu bohème, la lutte des classes et tout ce bordel, j’y comprends rien moi, et ça m’intéresse pas, et son truc des Oeillets c’est d’un lourd! Ca me rappelle ce putain de voyage de merde... Je préfère lui parler de ma mère, de mes copines, il est sympa il m’écoute. J’essaie de le faire bander, en marchant, en lui parlant de Madeleine, ma copine de fac. Elle sent tellement le cul que ses jupes en paraissent toujours mouillées. Et pourtant elle baise jamais, oui elle est vierge, mais quelle vierge de choix! Rien qu’à la regarder tu l’imagines en plein gang-bang.  Il est un peu barge ce mec. Il est drôle, je l’aime bien. Il a un objectif, qui est de se chercher un objectif, et c’est déjà vachement bien; moi j’ai rien du tout. Si, Christophe, mais j’ai la trouille qu’il me refile le SIDA avec ses conneries. Je peux pas t’épouser Christophe, ce serait le bordel dans la famille tu comprends? Je peux pas leur faire ça. Yves, je peux l’épouser. Il plairait vachement à Maman.
Tiens, je vais essayer, moi aussi, d’avoir un objectif: l’épouser. Yves, puis-je t’épouser le temps du coït? Il me susurre un genre de poème à l’oreille:
- Voie lactée ô  sœur lumineuse
 Des blancs ruisseaux de Chanaan
 Et des corps blancs des amoureuses
 Nageurs morts suivrons nous d’ahan
 Ton cours vers d’autres nébuleuses.
Il pense que ça m’excite, le texte, le langage, le civilisé, alors que moi ce qui m’excite là, c’est son souffle chaud sur l’oreille, il aurait pu me chanter du Brel que j’aurais mouillé pareil.
Et j’ai comblé tous les orifices qui permettaient à l’air et à d’autres matières plus tangibles d’entrer et de circuler à l’intérieur de sa mirifique personne, de son corps moelleux et de son esprit alangui.
Et même, effondré, après, au petit matin, et même en dormant, il me répétait : Ô, ma gazelle, mon faon, ma petite renarde, parois escarpées d’une âme entre toutes tourmentée, baise moi des baisers de ta bouche car ton amour vaut mieux que le vin, tu es si belle, fille de  Jérusalem, et si je t’oublie que ma langue se colle à mon palais…


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yves tenret


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MessagePosté le: Mer 5 Nov - 12:53 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais éblouissant. Répondre en citant

là j'ai pas le temps, je pars à Mulhouse dans une demie heure mais, dieu sait si j'ai horreur de ça , mais plus haut je parle d'un temps que vous n'avez pas connu, et là exceptionnellement ça change tout c'était en 1978 - les premiers cas de Sida recensés, je crois que c'est début 1980 et à Los Angeles. je vais vous faire un texte sur l'arrivé du SIDA dans ma vie... Je vous dois bien ça, à vous, et à vôtre dynamisme... je pense souvent que nous ne comprenons rien aux romans de stendhal car je t'aimerai toujours voulait dire pendant 5/6 ans vu l'âge auquel il mourait... je connais ma première copine depuis 54 ans !!!!

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Amélie


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MessagePosté le: Mer 5 Nov - 14:04 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais éblouissant. Répondre en citant

Ah merde! Oui y a eu anachronisme! Mes excuses... J'ai cru qu'on était dans les années 80 effectivement. Je vous vois plus jeunes que vous n'êtes en fait^^

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yves tenret


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MessagePosté le: Sam 8 Nov - 00:30 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais éblouissant. Répondre en citant

Amélie est partie, tout va bien pour elle, c'est bien, très bien, génial (mais c'est quand même dommage pour ce texte - on était si bien parti - non, je déconne - faut que j'accepte que la vie des gens, c'est plus important que d'écrire... si, si, c'est comme ça, y a pas à discuter)
baby, baby, automate, nain bossu, ficelles du matérialisme historique, mort un soir, toujours aussi mort le lendemain...       http://www.derives.tv/Lullaby-3-berceuses


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