Quand j'étais féministe.

 
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yves tenret


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MessagePosté le: Sam 15 Nov - 17:12 (2014)    Sujet du message: Quand j'étais féministe. Répondre en citant

Quand j’étais féministe. 15h50-16h03 
 
  
 
Bon, c’était juste pour faire chier, gratuitement, comme ça, les vieux cons poseurs qui étaient là, le père d’Antonne et ses potes à leur putain de bivouac ridicules et avec leurs guignols d’hommes bleus et leur 4/4 achetés d’occase à l’armée alors là mon pote allait faire plus fort que moi à leur passage à Tamanrasset car ils m’avaient éjecté de l’expédition et Antonne m’avait sucé une dernière fois et c’était tellement sale sous le prépuce et elle aimait ça et elle est revenue avec des amibes ; elle aussi rien que pour faire chier, elle a bu l’eau du puits et sucé je ne sais quel Mohamed Mohamed dans une de leur putain d’oasis pourries, « Sable et vieilles pierres », une expédition pour aller voir les peintures rupestres et dessines-moi un avion, sale con, ouais, je sais, c’est un putain de mouton, elle supportait tout Antonne mais pas que je critique son vieux alors je parlais tout seul, je maugréais, j’hennissais, je maudissais, je défendais Delphine Seyrig, non monsieur ! toutes les féministes ne sont pas laides, non, non, non, d’ailleurs, elles sont toutes belles parce qu’elles se révoltent et belle est la révolte mais qui c’est qui m’a mis une bande de réacs comme ça sur le dos, évidemment, ça ne parle que de culture, saloperie, c’est avec ça qu’ils nous enculent, la culture, et je leur dis que le père de Madame Seyrig est un très bon historien d’art et ils me dévisagent tous et je sens que là j’ai été trop loin, voyou, ok, mais universitaire, non, ils sont tous plus ou moins militaires de carrière, Antonne n’y est pour rien, on venait de se rencontrer et on ne voulait plus se quitter, et quand ils m’ont éjecté de leur expédition de merde, elle m’a filé ce qu’elle avait comme fric et j’ai pris un petit avion et j’ai été l’attendre à Tamanrasset car c’est de là que partaient nos billets de retour et eux allaient de grottes en grottes et de puits en puits, avec les autres mal nourrit, les scorbuteux qui mettaient dix minutes à descendre de leurs ridicules chameaux, et ces soi-disant guerriers, si tu leurs mets une claque, ils ont tous les os qui pètent, et ils vont en Haute-Volta capturer des esclaves, et tout ce folklore m’exaspérait, je suis un rat des villes, un lumpen, je n’ai ni passé, ni futur, je survis au présent, et Antonne et moi, c’est fort ce qu’on vit, nous sommes vraiment deux mômes rejetés et deux mômes qui se sont trouvés et qui ne se laisseront jamais tomber, jamais, vous m’entendez et on vous emmerde vous les vieux, j’ai 26 ans, elle en a 16, ok c’est dur pour son père mais c’est dur aussi pour Antonne et elle aime ça quand c’est dur, elle se cherche, elle est bonne élève, elle est douée, elle a comme deux familles, et c’est du côté des prolos que ça a dégénéré en militaire, ça y est, vous avez pigé, promotion social, que des prolos adorables et puis un lieutenant qui aime Camus, et sûrement qu’en fait, lui et moi, on ne s’est même pas vu, c’est dur les siens et tout aussi dur, ceux des autres, et son autre famille, le côté de sa mère, c’est des bourges et paradoxe des paradoxes, pure ironie du destin, alors que sa mère est libertaire, de son côté, son père à elle, à sa mère, est directeur de pénitencier, c’est à n’y rien comprendre, une véritable histoire de cinglés, auquel il faut encore ajouter le roi des beau-père, une crème de libanais, un magicien, tout de malice et de tolérance, quelle histoire, mon dieu, mais quelle histoire, et j’étais là, féministe, dans le désert, speed, énervé, mais bien quand même, y avait Antonne, rien ne pouvait m’arriver, nous étions là, l’un pour l’autre, et les autres, devant ma rage, hochaient la tête avec une vague commisération, ils plaignaient Antonne, la pauvre, sur quel olibrius était-elle tombé, et sournoisement tous de chuchoter et de m’annoncer le lendemain qu’ils ne voulaient plus de moi, que je ne respectais rien, que je n’écoutais rien, que je n’étais qu’un chien qu’on peut chasser à coups de pied et moi, je les emmerde, j’en ai rien à foutre, leur tour pour eux, c’est des vacances, moi, je ne suis jamais vacant à moi-même et que je sois ici ou ailleurs, c’est du pareil au même, il y a Antonne et le reste n’existe pas… 
 


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MessagePosté le: Sam 15 Nov - 17:12 (2014)    Sujet du message: Publicité

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